1) LE FLASH PARACHA D’ARYÉ BELLITY

2) LE RICHONE DE KI TISSA PAR ALAIN ELIAHOU UZAN

3) CONFERENCE D’ALBERT-ARMAND MAAREK, HISTORIEN, LE 17 MARS 2021

KI-TISSA – DONNER DES MÉRITES À LA COLLECTIVITÉ

« Lorsque Moché redescendit du mont Sinaï, tenant en main les deux tables du Statut, il ne savait pas que la peau de son visage était devenue rayonnante lorsque Dieu lui avait parlé. » (Exode 34-29)

Après quarante jours et quarante nuits d’intense proximité avec Dieu, Moché descendit du mont Sinaï, avec les Tables de la Loi entre les mains. Pourtant, lors de son retour au camp hébreu, les enfants d’Israël remarquèrent une lumière singulière émanant de son visage et d’effroi, ils n’osèrent pas l’approcher. Ce rayonnement extraordinaire visible sur la face de Moché a d’ailleurs fait l’objet d’une interprétation rocambolesque. Ainsi, induit en erreur par la traduction de la Vulgate, Michel-Ange exécuta au XVIe siècle, une sculpture représentant le prophète Moché portant deux cornes sur sa tête. Il est évident que cette interprétation du texte est erronée car serait-il sensé d’imaginer le plus grand prophète de l’histoire juive, « décoré » pour sa proximité avec Dieu, de deux cornes animales poussant sur sa tête ? De plus, selon cette traduction, comment concevoir que Moché lui-même ne remarqua pas ces étranges excroissances qui surgirent de son crâne ? En réalité, nous expliquent nos sages, ces « cornes » n’étaient autres que des rayons lumineux surnaturels qui donnaient au visage de Moché, une aura fabuleuse, réservée généralement aux justes dans le monde futur (Zohar Béréchit 46a).

A ce propos, dans son livre Simḥat Abba, Rebbi Shim’on Ḥirari¹ z”l, rapporte une question qui fut soulevée par le Rav Yossef Ginsburg z”l, rabbin de la ville d’Ostroh, durant la seconde partie du XVIIe siècle. Comment se fait-il que Moché mérita un rayonnement émanant de son visage dans ce monde ci, alors qu’un tel privilège est réservé aux justes dans le monde futur ? Nos sages (Kidoushine 39b) ne nous ont-ils pas enseigné que la récompense d’une bonne action ne peut être accordée sur Terre ?

Avant de répondre à ce problème, Rebbi Shim’on explique que le salaire d’une bonne action ne peut être attribué dans ce monde, parce qu’il existe un risque que la personne regrette de l’avoir accomplie. En effet, de son vivant, l’homme est tout aussi libre de choisir le bien ou le mal, il pourrait donc être amené, à un moment ou un autre de son existence, à regretter tous les commandements de Dieu qu’il a jusque-là accomplis. C’est à propos d’une telle personne que nos sages ont dit (ibid. 40b) : « Un juste parfait qui se rebelle à la fin de sa vie, perd tous les mérites qu’il a accumulés ». Ainsi, afin de pouvoir le récompenser à juste titre, son salaire est gardé pour lui être remis dans l’autre monde, là où le regret n’a plus lieu d’être.

Parallèlement, nos sages nous enseignent dans le traité Avot (5-18) : « Tout celui qui rend la collectivité méritante ne tombera jamais dans la faute […] Moché était vertueux et rendait la collectivité méritante… ». Il est clair que par son investissement pour sa communauté et par la Thora qu’il lui enseigna, Moché figure en tête de ceux qui rendirent l’ensemble du peuple juif méritant.

Rebbi Shim’on conclut qu’il est tout à fait possible d’affirmer que de son vivant Moché ne risquait pas de s’écarter du droit de chemin et de regretter ses bonnes actions, car « celui qui rend la collectivité méritante ne tombera jamais dans la faute » et qu’ainsi, assuré d’une telle garantie, il a pu recevoir sur Terre, une partie de son salaire du monde futur et c’est la raison pour laquelle, son visage rayonna d’une aura particulière.

Le niveau qu’atteint une personne qui octroie des mérites à la communauté est tel qu’il pourra jouir de faveurs ici-bas. Ainsi, en permettant le développement de la Thora, en finançant des lieux d’études ou de prières, ou en accomplissant toute action qui aura pour but d’élever spirituellement la collectivité, une personne se verra bénéficier d’un salaire exceptionnel, provenant d’une autre dimension.

Aryé Bellity

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¹ Rebbi Shim’on irari (1929-2015), né à Gabès, il est l’élève de Rebbi aïm Ḥouri et de Rebbi Yossef Soussou Cohen, lequel deviendra par la suite son maître attitré. Après avoir obtenu son diplôme rabbinique de la part de ses maîtres, il est nommé en 1948, rabbin du village de Tamezret. Près de dix ans plus tard, il monte en Israël et s’installe dans un camp de transit qui deviendra officiellement en 1998, la ville de Kiryat-Malakhi. Très vite, il est amené à diriger la communauté de la Ghriba à Kefar-Shalem, un quartier sud de Tel-Aviv. Malgré les nombreuses propositions qui lui furent soumises, il resta fidèle à sa communauté jusqu’à sa mort. Grand cabaliste, il est l’instigateur du programme « Zohar journalier », visant à achever annuellement l’étude du Zohar. En outre, il fonde les institutions Sha’ar Shim’on et Pitouḥé Ḥotam à Tel Aviv. Il est l’auteur de plus de cinquante ouvrages, couvrant tous les domaines de la Thora.

 🎼🎻 HAZANOUT 🎻🎤

LECTURE DE LA TORAH – C.F.J.T.

🎤 CONFERENCE 📹

Mercredi 17 mars 2021 – 19h00 :

 » L’évolution des institutions communautaires et rabbiniques

des Israélites de Tunis : de 1876 à 1958« 

par Albert Armand MAAREK, historien,

LIEN ZOOM :
https://us02web.zoom.us/j/87931123639

ID de réunion : 879 3112 3639

Albert-Armand MAAREK, historien, spécialiste de l’histoire des Juifs de Tunisie, a publié de nombreux articles et a donné plusieurs conférences.

Il est notamment l’auteur de l’ouvrage « Les Juifs de Tunisie entre 1857 et 1958 – Histoire d’une émancipation »  (Editions Glyphe)

Un rendez-vous culturel à ne pas manquer!

Chabbat chalom


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